Le Darfour connaissait depuis des lustres une situation difficile mais ce n’est devenu l’enfer qu’a partir du moment où Deby est arrivé au pouvoir.

Le tyran a commencé à armer sa tribu pour qu’elle vole les territoires des autres. Mieux armés, aidés par l’appareil d’Etat, les zaghawas ont alors commencé leur expansion d’autant plus facilement que leur ethnie se trouvait aussi installée de l’autre côté de la frontière soudanaise.

Dans sa mégalomanie, Deby a alors voulu un Etat, le Zaghawa al Kobra qui empiéterait largement sur le territoire soudanais.

Khartoum ne pouvant laisser faire, les guerres tribales du Darfour ont alors connu un développement d’autant plus phénoménal qu’il existe de fortes présomptions de pétrole dans la région.

Dés l’origine le MJE, composé de zaghawas soudanais a été utilisé par Deby comme une milice privée, c’est d’ailleurs elle qui a assuré la sécurité du tyran à N’Djaména pendant de longs mois.

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Khartoum, incapable de mettre sur pied une armée fiable a trouvé dans la rébellion tchadienne une occasion inespérée de lutter contre les visées impérialistes de Deby. Mais Khartoum n’a jamais pensé qu’à ses intérêts propres et n’a rien à faire des aspirations à la liberté du peuple tchadien.

Les soudanais ont toujours favorisé des laquais, de préférence corrompus et stupides qu’ils pouvaient aisément manipuler. La piètre qualité morale et intellectuelle des protégés de Khartoum a amené ceux-ci à trahir sans vergogne leurs anciens maitres quand ils ont cru trouver mieux, on l’a vu avec Mahamat Nour, Al Jinedi et le FUC et ensuite tout l’entourage de Nouri et de Timane.

Tout cela n’a pas fait changer d’avis les Soudanais dont l’indigence intellectuelle est au moins aussi considérable que leur appétit de corruption.

Ils ont donc soutenu un fossile déliquescent en la personne de Nouri qui a accumulé échecs et casseroles avec ardeur sans que cela gêne Khartoum.

Pendant la période ou Nouri était le favori des Soudanais, une partie de la rébellion tchadienne a été utilisée comme garde frontière contre le MJE.

On ne leur donnait du carburant, de la nourriture et des équipements que chichement, ils devaient régulièrement revenir quémander auprès des Soudanais..

Mais Nouri a même été incapable de jouer le rôle de garde barrière.

Il y a deux semaines, le MJE a attaqué le SLA et pris possession d’une partie du Darfour. Cela, plus la prochaine inculpation de Béchir a affolé les Soudanais.

Du coup les stratèges soudanais ont sorti une idée encore plus bête que d’habitude. « Puisque le MJE est composé de Zaghawas, il faut donc mettre à la tête de la rébellion tchadienne un Zaghawa ».

Quel stupidité, cela revient à dire «  je suis atteint de cancer, donc pour me sauver, je vais mettre un cancéreux à la tête de la recherche » !

Bon enfin, bref, pour les Soudanais Timan est devenu subitement l’homme de la situation, peu importe qu’il n’ait pas de troupe, qu’il soit le responsable avec son frère de la situation actuelle du Tchad et que les Tchadiens n’en veulent pas.

Les Soudanais n’ont en ce moment qu’une seule idée fixe, une obsession obscène, mettre Timan à la tête de la rébellion et par tous les moyens.

Le chantage, les menaces et l’intimidation physique ont été employés pour forcer la résistance à accepter Timan comme «chef»..

Toutes ces violences menées à l’encontre de l’opposition ont cependant eu pour résultat de la souder.

Il existe à peu prés 10 000 soldats en rébellion contre Deby, Timan et Nouri, les opposants/businessmen, n’en possèdent pas plus de 300, à eux deux. En revanche ils ont de l’argent, volé au peuple tchadien ou donné par divers sponsors, et ils ont l’appui du Soudan sans lequel rien ne peut se faire.

Les gros bataillons de la rébellion sont constitués par les hommes de l’ANR et de l’UFCD. Contrairement à ce qui est colporté ici et là, ces deux mouvements, alliés depuis longtemps, n’ont rien signé concernant l’UFR..

Ni l’ANR ni l’UFCD ne sont contre un front commun pour chasser Deby mais nous n’acceptons pas d’obéir aux ordres d’une puissance étrangère et nous n’avons pas confiance dans les opposants/businessmen.

Khartoum abrite la rébellion et peut lui couper les vivres, c’est exact.

Mais d’un autre côté les Soudanais n’ont personne capable d’affronter Deby et le MJE avec des chances de succès.

On se trouve donc dans une impasse, sauf à ce que les Soudanais et les opposants/businessmen nous donnent de sérieuses garanties d’indépendance et de respect des droits élémentaires de la personne.

Les Soudanais doivent nous laisser nous organiser librement et les opposants/businessmen doivent cesser de racketter les populations tchadiennes et seulement occuper les responsabilités opérationnelles qui correspondent à leur force réelle.

Sur ces bases la et sur elles seulement, nous pouvons discuter et trouver un accord.

Il n’est pas interdit de penser qu’on puisse y arriver !

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