Photo: Celeste Hicks/IRIN Les organisations humanitaires craignent une augmentation du nombre des maladies hydriques (photo d'archives).
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N'DJAMENA, 11 décembre
2008 (IRIN) - La diarrhée et d’autres maladies hydriques
mortelles menacent quelque 28 000 Tchadiens dans une ville de l’est
du pays, depuis qu’une série d’attaques armées
- dont le vol d’une pompe à eau - ont contraint à
partir les derniers travailleurs humanitaires qui menaient déjà
des opérations à échelle réduite.
Les
responsables humanitaires des Nations Unies craignent que les
populations ne commencent à fuir la zone - Dogdoré
- si les opérations ne reprennent pas rapidement, ce qui
compliquerait d’autant plus la tâche des humanitaires
dans la région instable de l’est du Tchad.
Environ
24 500 déplacés tchadiens vivent à Dogdoré,
aux côtés des quelque 4 000 habitants de la ville, selon
les Nations Unies.
Les organisations humanitaires avaient
suspendu la plupart de leurs activités à Dogdoré,
en octobre, à la suite d’une série d’attaques
armées. Les travailleurs humanitaires restés sur place,
pour le compte de l’organisme Action contre la faim (ACF), se
sont retirés à la fin du mois de novembre, à la
suite de trois attaques, menées sur cinq jours, selon Eric de
Monval, directeur d’ACF au Tchad.
« Nous avons
senti que nous n’avions pas le choix » compte tenu de
l’insécurité qui continuait de régner dans
la région, a-t-il expliqué.
Le 21 novembre, des
bandits armés ont fait main basse sur une pompe à eau
motorisée qui servait à environ 70 pour cent de la
population, a indiqué à IRIN Fatma Diouf Samoura,
coordinatrice humanitaire adjointe des Nations Unies dans l’est
du Tchad, depuis Abéché, première ville de la
région.
« Il y a quelques puits forés et
quelques puits classiques dans la région, mais ils ne
suffisent pas par rapport au nombre de gens », a-t-elle
expliqué.
ACF prévoit de construire d’autres
pompes à eau à Dogdoré, selon M. de Monval.
Toujours d’après le directeur d’ACF, l’organisme
surveille la situation et espère retourner rapidement dans la
région.
Selon les dernières informations qui
leur ont été communiquées, ont indiqué à
IRIN des responsables des Nations Unies, de nombreux habitants de
Dogdoré ont été contraints de consommer de l’eau
insalubre.
« Les gens creusent des puits [de fortune]
dans les ouadis [lits des rivières] », a expliqué
David Cibonga, directeur d’OCHA à Abéché.
« Nous sommes certains que si les organisations humanitaires ne
peuvent pas reprendre rapidement le travail, nous allons avoir des
cas de maladies hydriques et peut-être des cas de décès
chez les enfants ».
Médecins sans
frontières-France (MSF) fait partie des organisations
humanitaires qui ont suspendu leurs opérations d’aide à
Dogdoré, en octobre.
« Il n’y a plus le
minimum de sécurité nécessaire pour mener des
opérations humanitaires dans la région », a
indiqué à IRIN Frédéric Emirian, de
MSF-France. « MSF s’inquiète de l’aggravation
possible de la situation humanitaire [à Dogdoré],
surtout en termes d’eau et d’assainissement ».
Pour les responsables humanitaires des Nations Unies, il est
de la plus haute importance que les organisations humanitaires
puissent reprendre leurs opérations d’aide aux
populations de Dogdoré. « Nous craignons que les
populations de la ville ne partent s’installer ailleurs, où
les organisations humanitaires opèrent déjà aux
limites de leurs capacités », selon Mme Samoura, des
Nations Unies.
Les responsables humanitaires des Nations
Unies ont déclaré avoir appelé les autorités
locales et nationales à améliorer la sécurité
dans la zone. « Les autorités connaissent le problème
et ont dit qu’elles envisageaient les mesures à prendre
», a déclaré à IRIN M. Cibonga d’OCHA.
Au cours d’un déplacement récent dans
l’est tchadien, John Holmes, Coordinateur des secours d’urgence
des Nations Unies, a exprimé des préoccupations sur
l’insécurité qui continuait de régner dans
la région de Dogdoré.
Des attaques armées
entravent depuis longtemps les opérations humanitaires menées
dans l’est du Tchad, où vivent quelque 263 000 réfugiés
soudanais et 180 000 déplacés tchadiens, selon les
Nations Unies, qui dépendent largement de l’aide des
organisations humanitaires pour se soigner et se nourrir.
En
2008, plus de 160 attaques contre des travailleurs humanitaires (dont
quatre meurtres) ont été signalées au Tchad,
d’après les Nations Unies.
ch/np/nh/ail